En réponse à Parsifal.
Bonjour Parsifal,
Je suis d’accord que pour qu’un principe soit applicable, il faut qu’il le soit pour tous. Mais cela dépend à quelle échelle de temps et d’espace on se place. Si c’est pour discuter du système économique qui serait appliqué dans un monde universellement démocratique, alors ce n’est pas ce dont je parle. Dans un monde universellement démocratique (s’il advient un jour), je pense que le système économique serait un genre de communisme. Mais je ne cherche pas ici ce qui conviendrait à ce monde de l’avenir. J’essaie d’imaginer ce qu’il faudrait faire économiquement dans un pays qui deviendrait demain démocratique, qui serait sans doute de petite taille, avec une dette léguée de plusieurs milliers de milliards, des régimes hostiles alentours, des ennemis acharnés à l’intérieur, et encore de grandes parties de la population indifférente ou qui ne comprendrait pas l’intérêt du système démocratique.
La question à l’arrière-plan de la présentation d’Etienne est de savoir comment éviter l’accumulation de dette, publique et privée. Dans le premier système, traditionnel, il n’y a pas de redistribution des richesses. Là dette s’accumule alors, et à intervalle réguliers de quelques dizaines d’années, les gens (et/ou l’Etat) se révoltent et brûlent les reconnaissances de dettes et les usuriers. Il y d’autres méthodes plus modernes de financement de l’intérêt général. Comme explique Etienne, il y a la possibilité de l’impôt, et la redistribution au public de ce revenu. Mais je ne suis pas pour miser sur cela dans une démocratie encore faible et mal assurée. Si la valeur de la monnaie est fixe et que l’on base toute la redistribution sur l’impôt, il y a un risque de dysfonctionnement si la monnaie est attaquée par les investisseurs étrangers, que les riches fraudent l’impôt, ou fuient avec de grandes quantités de monnaie hors du pays, ce qui risque d’être la situation dans la démocratie naissante.
Aussi, j’expliquais juste qu’avec le troisième mode de redistribution des richesses, la création de monnaie inflationniste, nous avons une meilleure marge de manœuvre en matière de financement public. Le but premier de cette monnaie est de permettre d’éviter l’accumulation de richesses par quelques-uns à l’intérieur du pays. Ce n’est pas de créer un financement par l’extérieur, même si effectivement, cela pourrait en être une conséquence. J’expliquais juste qu’avec un tel système il n’y avait pas d’inconvénient à une fuite de la monnaie hors du pays, que l’on est tout à fait indifférent à cette éventualité. Et effectivement c’est ce que font les USA actuellement. Mais je ne vois pas d’alternative meilleure que la création monétaire pour écouler les dettes et redistribuer les richesses. Mais je n’ai pas non plus de connaissances assez pointues en financement public pour débattre de tous les tenants et aboutissants.
Alors reste la question « Est-ce que les autres pays restés oligarchiques laisseront s’établir un tel mode de financement ? ». Je suis bien d’accord que cela risque d’être mal pris, mais cela fait partie de la problématique générale de comment les autres nations réagiront a l’émergence d’un régime démocratique. D’autant que la première nation démocratique sera certainement un petit pays sans puissance militaire valable. On le voit bien avec la Suisse face à l’UE, ou la commune de Saillans face à l’intercommunalité : il y a aura certainement une ligue des puissants régimes oligarchiques contre le petit état démocratique, et ça risque de tanguer un peu. Mais je n’ai pas de solution toute faite à ce problème.
Ronald




